« La Mamma Morta » d'Umberto Giordano  par Maria Callas

Texte italien

Traduction en français

La mamma morta m'hanno
alla porta della stanza mia
Moriva e mi salvava!
poi a notte alta
io con Bersi errava,
quando ad un tratto
un livido bagliore guizza
e rischiara innanzi a'passi miei
la cupa via!
Guardo!
Bruciava il loco di mia culla!
Così fui sola!
E intorno il nulla!
Fame e miseria!
Il bisogno, il periglio!
Caddi malata,
e Bersi, buona e pura,
di sua bellezza ha fatto un mercato,
un contratto per me!
Porto sventura a chi bene mi vuole!
Fu in quel dolore
che a me venne l'amor!
Voce piena d'armonia e dice
Vivi ancora! Io son la vita!
Ne'miei occhi è il tuo cielo!
Tu non sei sola!
Le lacrime tue io le raccolgo!
Io sto sul tuo cammino e ti sorreggo!
Sorridi e spera! Io son l'amore!
Tutto intorno è sangue e fango?
Io son divino! Io son l'oblio!
Io sono il dio che sovra il mondo
scendo da l'empireo, fa della terra
un ciel! Ah!
Io son l'amore, io son l'amor, l'amor
E l'angelo si accosta, bacia,
e vi bacia la morte!
Corpo di moribonda è il corpo mio.
Prendilo dunque.
Io son già morta cosa!

Ils ont tué ma mère
sur le pas de ma porte
Elle est morte et m'a sauvée !
Ensuite au milieu de la nuit,
j'errais dans les rues avec Bersi,
lorsque soudain
un éclat livide et tremblant
illumina devant moi
la sombre rue !
Je le contemplais
Ma maison brûlait !
J'étais seule !
Entourée par le vide !
Par la faim et la misère !
Les privations et le danger !
Je suis tombée malade,
et Bersi, si bonne et pure,
a vendu son corps
pour me sauvegarder.
J’apporte le malheur à tous ceux qui m’aiment !
Et c’est dans cette douleur
que l’amour est venu à moi.
D’une voix si douce il a murmuré :
Tu dois continuer à vivre ! Je suis la vie !
Le ciel est dans mes yeux !
Tu n'es pas seule.
Ma poitrine sèchera tes larmes
Je marcherai à tes côtés et supporterai tes malheurs avec toi.
Souris et espère ! Je suis l’Amour !
Ce qui m'entoure n'est-il que sang et boue ?
Je suis le divin! Je suis l’oubli !
Je suis le dieu qui vient du 
paradis sur terre
pour faire de la terre
un paradis. Ah !
Je suis l’
Amour ! Je suis l’Amour ! L’Amour !
Et l’
ange a volé jusqu'à moi, m’a embrassé
d'un froid baiser mortel.
Ce corps moribond est mon corps !
Prends-le donc.
Car je suis déjà morte !

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