Toujours et jusqu’à la fin. Tenir.

Avec toi, sans toi. Tenir.
Avec vous, sans vous. Tenir.
Face au groupe. Face au monde. Tenir.

Seul face au tsunami. Tenir. Rester debout. Se tenir droit.

Face à notre responsabilité de blesser l’autre pour avancer.
Parce que c’est juste.
Parce que c’est la vie qui décide.
Tenir.

Face à la culpabilité que l’on voudrait nous faire porter. Tenir. Rester debout. Se tenir droit.

Face à la douceur mielleuse. Tenir.
Face aux bonnes intentions infernales. Tenir.
Face aux détails signifiants. Tenir.

Tenir parce que la vie nous dépasse, que notre conscience est limitée.
Tenir parce que nous voulons nous résilier.
Tenir parce que nous ne comprenons rien.

Tenir pour se battre ? L’on tient vraiment lorsque l’on a fini de lutter, lorsque nous ne nous laissons plus bringuebaler par les courants mais que nous les laissons nous traverser. Tenir pour ne pas en être anéanti.
Que nous soyons le bourreau de quelqu’un ou la victime de quelqu’un d’autre : Tenir car nous ne sommes ni l’un ni l’autre.

Tenir en faisant face à l’absolu, car seul l’absolu nous permet de tenir.

Tenir parce que les monstres ne sont que des courants d’air, parce que l’ouragan ne peut pas nous emporter. Y croire. Vraiment.
Tenir parce qu’au cœur de la tornade se trouve la paix.

Tenir et nous ne serons plus les mêmes qu’avant.
Nous ne serons plus qui nous croyons être, mais nous serons qui nous sommes vraiment.

Il n’y a pas de victoire, ni d’erreur. Absolument.

Rester debout, se tenir droit comme incarner l’absolue souplesse.
Trouver ce lieu en soi où la force de vie est intacte malgré les tourments ambiants.

« Se tenir » est s’accrocher à quelque chose, supporter, être écrasé par le dur, survivre…
« Tenir » est lâcher les béquilles qui nous immobilisent, vivre la difficulté dans du tranquille.

« Se tenir droit » non pour obéir à un ordre paternaliste mais pour se souvenir que nous sommes tous essentiels dans ce que nous apportons aux autres : de la joie comme des blessures, quelque soit l’importance et la gravité.

Derrière la souffrance se cache la vie. Toujours.

Déborah Delouvien

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