" A l'école de catéchisme le dimanche, le curé inculque à une trentaine d'enfants les notions de bien et de mal. Il leur explique que tout le monde devrait faire une bonne action, au moins une fois par semaine. Le dimanche suivant, il interroge son jeune auditoire : " Qui a fait une bonne action ces derniers jours? " Trois garçons lèvent le doigt. Le curé est ravi, trois sur trente est un pourcentage appréciable dans une classe qui donne généralement l'impression de roupiller.
" Et quelle était ta bonne action? " demande-t-il en souriant au premier gamin.
" Monsieur le curé, répond le garçon, j'ai aidé une vieille dame à traverser la rue. "
" Très bien, fait le curé. Il faut toujours aider les dames âgées. "
Puis il se tourne vers le deuxième gamin : " Et toi, qu'as-tu fait? "
" Moi aussi, j'ai aidé une vieille dame à traverser la rue. "
Un peu surpris, le curé marmonne: " Bien, très bien. " Et il s'adresse au troisième élève: " Et toi? "
" Monsieur le curé, j'ai également aidé à une vieille dame à traverser la rue. "
Le curé ne cache plus son étonnement: " Vous avez vraiment trouvé trois vieilles dames qui ne pouvaient pas traverser la rue toutes seules? "
" Non, non! font les trois garçons en choeur, c'était la même dame. "
" Une seule dame ? Et elle avait besoin de l'aide de trois garçons? "
" Monsieur le curé, même à trois c'était rudement difficile. Mais on a finalement réussi! La vieille dame, elle était furieuse, elle ne voulait absolument pas traverser. "

Ne devenez jamais un serviteur, sinon vous passerez votre vie à chercher l'occasion de vous " sacrifier ", en d'autres termes de vous faire valoir dans ce rôle. Et vous en voudrez à ceux qui n'entrent pas dans votre scénario, à ceux qui refusent vos " services ". Voyez les services dits publics et leurs effectifs, les fonctionnaires... Ils ont intérêt à vous voir venir à leurs guichets pour tout et pour n'importe quoi et se montrent très malfaisants lorsque vous essayer d'échapper à l'administration. Interdit de se débrouiller sans eux ! Sinon, comment pourraient-ils justifier leur présence ? Le serviteur est en pleine adoration narcissique.
Imaginez un monde d'illuminés, d'être éveillés, totalement conscients, pleins de compassion... Les lépreux ne seraient plus rejetés ni les autres malades. Plus besoin d'hôpitaux, d'écoles, d'universités. Les fonctionnaires, tous les serviteurs des services publiques, n'auraient plus qu'à se convertir ou à se suicider : ils ne trouveraient plus personne à " servir "! Leur ego dégonflé ne pourrait pas encaisser cela.
En donnant ce nouveau non, Prem Dasi, j'ai senti qu'il ne fallait pas le traduire par " serviteur de l'amour ", je m'en souviens très bien. " Au service de l'amour " voilà qui était beau.
Soyez " au service ", mais que cela ne devienne pas un trait de votre personnalité, de votre caractère. J'aime les gens qui n'ont pas de structure, qui n'ont pas de caractère, pas de schéma répétitif.
Les gens qui vivent d'instant en instant, des gens qui répondent aux situations. Sinon, vous n'êtes qu'un esclave qui réagit sur commande.
C'est vrai, vous êtes davantage au service de l'amour lorsque vous êtes authentiquement vous-même, lorsque vous êtes éloigné de toute idée de service. C'est ainsi.
Lorsque vous décidez de rendre service, lorsque vous faites quelque chose pour être serviable, ce n'est plus de l'amour. En étant totalement vous-même, en étant totalement libre, vierge de toute idée de bienfaisance, de charité, de pitié ou de devoir, vous devenez disponible pour l'amour et pour le service véritable. Il n'est plus question de maître et de serviteur ou d'assistant et d'assisté. Il n'est plus question d'un rapport de forces ou de manipulations. Vous servez tout naturellement, parce qu'un amour débordant demande à être partagé. Votre être se déverse en sollicitude, en compassion. "

Osho

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